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TDAH avant 6 ans : à partir de quels repères se poser la question ?

En maternelle, beaucoup de parents se posent la question d’un possible TDAH parce qu’ils observent :

agitation,

impulsivité,

difficultés d’attention,

oppositions fréquentes.

 

Ces repères sont réels… mais, avant 6 ans, ils sont aussi fréquents chez beaucoup d’enfants, sans que cela corresponde forcément à un trouble.

 

L’enjeu n’est donc pas de “cocher des comportements”.
L’enjeu est de comprendre comment ces comportements s’organisent dans le temps, dans les contextes, et quel est leur retentissement sur la vie de l’enfant et de la famille.

Avant 6 ans, pourquoi les comportements sont moins “spécifiques”

 

Entre 3 et 5 ans, l’attention, l’impulsivité, la capacité à attendre, à gérer la frustration, à suivre une consigne… sont en plein développement. À cet âge, il est courant d’observer :

  • des variations importantes selon la fatigue, les transitions, la faim, le bruit, l’excitation ;

  • des “pics” comportementaux par périodes ;

  • des différences fortes d’un enfant à l’autre.

 

C’est précisément pour cela qu’en clinique, avant 6 ans, on ne raisonne pas à partir d’un signe isolé. On raisonne à partir d’un faisceau d’indices et d’une lecture globale. 

Dans quelles conditions, depuis quand, et avec quelles conséquences ?

Quelques questions à se poser :

Est-ce que ces difficultés durent dans le temps ?

Tous les enfants traversent des phases plus compliquées.

Ce qui interroge davantage, ce sont des difficultés qui s’installent, qui reviennent jour après jour, semaine après semaine, sans véritable période d’apaisement, même lorsque le contexte évolue (changement de rythme, de classe, de période de l’année…).

 

Est-ce que ces difficultés apparaissent dans plus d’un cadre de vie ?

Un enfant peut être très agité à la maison et beaucoup plus posé à l’école.

Ou l’inverse.

Cela n’exclut pas la question d’un TDAH.

Ce qu'il faut repérer, c’est que les difficultés ne soient pas limitées à un seul lieu.

On en retrouve des traces dans au moins deux cadres de vie significatifs (par exemple : maison et école, maison et nounou, maison et activités).

Les manifestations peuvent varier selon le cadre.

Est-ce que cela a un impact sur la vie de l’enfant… et de la famille ?

Avant 6 ans, ce n’est pas le comportement “impressionnant” qui compte le plus.

C’est ce que ces difficultés empêchent.

Par exemple :

des apprentissages compliqués malgré les efforts,

des relations difficiles avec les autres enfants,

un enfant souvent en décalage ou en situation d’échec,

un quotidien familial très tendu, avec des journées ou des soirées épuisantes.

Le repère central, ici, c’est le retentissement concret.

 

Est-ce qu’une autre explication pourrait rendre compte de la situation ?

Avant d’envisager un TDAH, les professionnels cherchent toujours à vérifier si une autre hypothèse plus probable pourrait expliquer l’ensemble des difficultés observées, par exemple :

  • sommeil (insuffisant, irrégulier, troubles du sommeil) ;

  • difficultés de langage (comprendre les consignes, s’exprimer → frustration) ;

  • anxiété ou stress (certains enfants "bougent" pour s’apaiser) ;

  • difficultés sensorielles (bruit, foule, textures, transitions) ;

  • niveau d’exigence inadapté (trop long, trop abstrait, trop d’attente) ;

  • autres troubles neurodéveloppementaux possibles ou associés (par ex. troubles des apprentissages plus tard, troubles du développement). 

Se poser cette question ne "retarde" pas un diagnostic.

Au contraire, cela permet de ne pas se tromper de compréhension ni d’accompagnement.

Nesrine Hadi

Psychologue - Consultations & accompagnements 100 % en ligne. 

 

Une approche basée sur la Méthode NH® : lisibilité, repères clairs, appuis simples et adaptés à votre quotidien.

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