top of page

Mon enfant harcèle un autre élève : comment réagir ?

il y a 6 jours
4 min de lecture

L’école vous appelle. Votre enfant participerait à des moqueries répétées, à des humiliations ou à la mise à l’écart d’un camarade. Vous êtes surpris, peut-être en colère. Ce qu’on vous décrit semble très loin de l’enfant que vous connaissez à la maison.


Vous pouvez avoir besoin d’un moment pour accueillir cette information. Prendre le signalement au sérieux vous permettra de comprendre ce qui se passe et de participer à l’arrêt des violences. Votre enfant aura aussi besoin de vous pour changer sa façon d’agir.


Comprendre ce qui est rapporté

Sous le choc, on peut chercher immédiatement une explication : une dispute, une plaisanterie mal comprise, l’influence des copains. Pour y voir plus clair, demandez à l’établissement de décrire les faits : ce que votre enfant aurait fait, à plusieurs reprises ou non, et dans quelles circonstances.


Le harcèlement implique notamment une répétition et un rapport de force qui rend difficile, pour l’enfant visé, de se défendre. Un groupe peut créer ce déséquilibre, même sans violence physique. L’établissement doit recueillir les informations nécessaires pour apprécier la situation.


Vous pourrez ensuite écouter votre enfant, au calme, à partir de ce qui vous a été transmis : « On m’a parlé de messages envoyés à plusieurs reprises à cet élève. J’aimerais comprendre ce qui s’est passé de ton côté. »


S’il nie, vous n’avez pas à obtenir des aveux au cours de cette première conversation. Transmettez sa version à l’équipe éducative pour qu’elle soit examinée. Les mesures de protection peuvent commencer pendant que les faits sont précisés.


Lui parler de ses actes sans l’enfermer dedans

Dire « tu es méchant » laisse peu de place à ce qu’il pourrait changer. Nommer un comportement permet d’être plus précis : « Ces messages humilient ton camarade. Ils doivent s’arrêter. Je vais t’aider à faire en sorte que cela ne recommence pas. »


Il répondra peut-être qu’il voulait faire rire ou que tout le monde participait. Vous pouvez entendre cette explication et revenir à sa propre contribution : avoir suivi le groupe, partagé un message ou encouragé les autres a aussi des conséquences.


Si votre enfant raconte qu’il subit lui-même des violences, cette information mérite une réponse et doit être transmise à l’établissement. Il peut avoir besoin d’être protégé tout en devant cesser de faire du mal à un autre élève.


Organiser ce qui doit changer dès maintenant

Une discussion à la maison ne vous permet pas de surveiller ce qui se passe dans la cour ou sur une messagerie. Avec l’établissement, précisez les comportements à interrompre, les adultes qui assureront le suivi et la date d’un prochain échange.


Votre enfant doit aussi savoir qu’il ne peut pas faire pression sur le camarade qui a parlé, ni demander à d’autres de le faire à sa place.


Lorsque les faits se poursuivent en ligne, regardez avec lui les échanges concernés. Un encadrement plus étroit, voire une restriction temporaire de certains usages, peut être nécessaire. Expliquez ce qui sera surveillé et quand vous réexaminerez cette mesure. Pour les contenus blessants déjà publiés, faites-vous guider sur leur signalement et leur retrait, en veillant à préserver les éléments utiles au traitement de la situation.


Si vous découvrez une menace grave ou un danger immédiat, sollicitez sans attendre les services compétents.


Chercher ce qui l’aidera à agir autrement

Votre enfant peut chercher à être accepté par un groupe, à y prendre une place ou à éviter d’en devenir lui-même la cible. Ces possibilités demandent à être explorées avec lui ; elles ne décrivent pas tous les enfants qui harcèlent.


Revenir sur un moment précis peut aider : « Quand les autres ont commencé à se moquer, qu’est-ce qui t’a donné envie de participer ? » Sa réponse vous donnera des indications sur ce qu’il faut travailler.


S’il craint de perdre ses amis en se retirant, vous pourrez préparer ensemble une façon de ne plus participer et identifier un adulte à qui demander de l’aide. D’autres occasions de nouer des relations, dans un cadre encadré et respectueux, peuvent aussi lui être utiles.


Les conséquences décidées doivent être compréhensibles et adaptées à son âge et aux faits. Elles gagnent à s’accompagner d’un apprentissage concret de ce qu’il pourra faire la prochaine fois.


Laisser une place à la réparation, sans imposer une rencontre

Vous aurez peut-être envie qu’il présente rapidement ses excuses. L’enfant visé peut pourtant avoir peur de le revoir ou ne pas souhaiter recevoir de message.


Passez par l’établissement pour envisager une réparation adaptée. Une rencontre, une réconciliation ou un pardon ne doivent pas être imposés. La remise en état d’un objet abîmé peut, par exemple, être organisée sans obliger les enfants à se retrouver face à face.


Votre enfant peut reconnaître les conséquences de ses actes et les réparer autant que possible, même si l’autre ne souhaite plus de relation avec lui.


Vérifier les changements dans la durée

Après une promesse d’arrêter, gardez le rendez-vous prévu avec l’école. Le suivi sert à vérifier les comportements, y compris lorsque les adultes ne regardent pas directement.


À la maison, continuez à vous intéresser à sa vie sans ramener chaque échange à ce qui s’est passé. Lorsqu’il vous raconte une difficulté ou un effort pour agir autrement, prenez le temps d’en parler.


À lire aussi

Commentaires


bottom of page